Les travaux de recherche d’In Vivo

Fondé en 2014, le laboratoire In Vivo a lancé un programme de recherche pour la période 2014-2020, intitulé « Beauty In My Back Yard ». Il vise la conception et l’expérimentation de politiques publiques systémiques et collaboratives en urbanisme pour :

  • Créer les conditions d’une évolution harmonieuse des tissus pavillonnaires
  • Organiser la transformation des quartiers d’habitat à l’initiative de leurs habitants
  • Construire un projet de densification douce en filière courte
  • Agir pour la rénovation, l’intensification et la revitalisation des tissus d’habitat
  • Produire une offre de logement conséquente, abordable et désirable

* Beauty In My Back Yard : Construire une belle maison dans mon jardin et embellir mon quartier !

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Vue aérienne des tissus d’habitat de la commune de Cadaujac, Gironde (Photo : Denis Caraire)

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Typologie des travaux de recherche conduits par In Vivo

Les travaux du laboratoire In Vivo sont de deux types :

  • Des travaux de recherche fondamentale sur les concepts de « modélisation architecturale » et d’ « expérimentation in vivo », en prolongement du travail de doctorat de David Miet (thèse : « Une épistémologie de la modélisation architecturale », soutenue en décembre 2013 à l’ENSA-Marseille) : comment élaborer, fonder, outiller, mettre en œuvre et expérimenter les modèles architecturaux du renouvellement urbain ?
  • Des travaux de recherche & développement sous la forme d’opérations pilotes menées en partenariat avec des collectivités territoriales, qui permettent de conduire simultanément des travaux :
    • de recherche appliquée : élaboration et mise à l’épreuve, au sein des territoires, de modèles architecturaux qui décrivent le fonctionnement des tissus urbains et leurs transformations possibles.
    • d’innovation : conception de nouveaux outils, méthodes et applications pour permettre, faciliter et instrumenter la mise en œuvre de ces modèles ;
    • de développement expérimental : test et expérimentation, à l’occasion des opérations pilotes, des nouveaux outils et de nouvelles méthodes.

 

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« Beauty In My Back Yard »*, projet scientifique du laboratoire In Vivo pour la période 2014-2020

* Construire une belle maison dans mon jardin et embellir mon quartier !

Le projet scientifique Beauty In My Back Yard (BIMBY 2.0) s’inscrit dans le prolongement des travaux du projet de recherche public ANR-BIMBY (2009-2012). Il comprend :

Un programme de recherche fondamentale sur le concept d’expérimentation « in vivo » en urbanisme, s’appuyant sur les travaux développée par David Miet et ses équipes au cours des 10 dernières années sur les méthodologies de « modélisation architecturale » .

Partant du postulat qu’en situation réelle, l’ensemble des acteurs impliqués dans le processus de fabrication d’une ville raisonne en fonction de modèles culturels et professionnels qui leur sont propres, le concept d’ « expérimentation in vivo » cherche à décrire pourquoi une expérimentation en urbanisme implique nécessairement la transformation physique d’un territoire, en même temps que la transformation de la façon dont ses habitants, ses usagers et ses professionnels le comprennent à travers des modèles.

Dans cette perspective, expérimenter en urbanisme consiste à tester simultanément la modification physique d’un territoire et la modification des modèles selon lesquels ses acteurs y vivent, impliquant de facto que ces expérimentations en urbanisme soient réalisées « in vivo ».

Un programme de recherche & développement « Beauty In My Back Yard », portant sur les outils et méthodes du projet de renouvellement urbain en filière courte et s’appuyant notamment sur les travaux réalisés dans le cadre du projet ANR-BIMBY (« Build In My Back Yard », 2009-2012), dont David Miet a été l’un des concepteurs et pilotes scientifiques.

En prolongement de ce programme de recherche, et du projet de filière BIMBY que celui-ci a contribué à faire émerger, « Beauty In My Back Yard » vise le passage d’une approche centrée sur les notions de « densification pavillonnaire », de « densification douce », d’« intensification pavillonnaire » ou encore de « densification par la maison individuelle » – notions qui constituaient le cœur des travaux du projet ANR-BIMBY et des travaux qui se sont développés en prolongement de celui-ci – à une approche centrée sur les notions de « projet de renouvellement urbain en filière courte », de « mise en synergie des patrimoines publics et privés », de pilotage de « politiques globales et intégrées de l’habitat » et, plus globalement, de mise en œuvre d’un « urbanisme collaboratif ».


Les axes de recherche du programme Beauty In My Back Yard

Le projet de recherche 2014-2020 du laboratoire In Vivo se structure autour de cinq thématiques :

  1. Urbanisme 2.0
  2. BIMBY, filière courte
  3. BIMBY, santé et énergie
  4. Patrimoines vivants
  5. Jardins des villes, jardins des champs

 

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1/ Urbanisme 2.0 : Inventer le projet de renouvellement urbain en filière courte

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L’habitant 2.0, habitant bâtisseur, maître d’ouvrage de son habitat et acteur du projet territorial

Buts : L’empowerment des habitants, au service du projet urbain : accès à la connaissance, participation, co-conception, partage de la décision, co-production.

Freins et verrous : Difficulté à définir des conditions de coopération avec la population qui permettent de dépasser le syndrome du NIMBY.

Le PLU 2.0, « logiciel » du renouvellement urbain en filière courte, créateur de richesses foncières

Buts : Permettre, impulser et choisir les formes de mutation des tissus urbains existants via l’écriture du document d’urbanisme, animer le PLU pour atteindre ses objectifs politiques, développer une ingénierie foncière, architecturale, économique et réglementaire du renouvellement urbain en filière courte.

Freins et verrous : Difficulté à prédire les effets des règlements d’urbanisme : règles multiples et croisées, hétérogénéité des parcelles sur lesquelles elles s’appliquent, dimensions d’analyse variées : architecturale, immobilière, paysagère…

L’urbaniste 2.0, pilote de flux, stratégiste, architecte de la transformation du patrimoine urbain

Buts : Développer des outils systémiques, collaboratifs, de pilotage de mutation des tissus déjà bâtis à l’initiative des habitants, pour un renouvellement urbain en filière courte.

Freins et verrous : Difficulté à penser et réaliser l’urbanisme opérationnel sans pouvoir recourir au dessin ni au plan.

2/ BIMBY, filière courte : Installer et structurer un renouvellement urbain généralisé, sans promotion immobilière, par démarches individuelles de type BIMBY

axe_2_filiere_courteApproche multi-métiers de la filière BIMBY : produire du logement abordable de qualité

Buts : Installer, structurer et piloter une filière courte BIMBY sur un territoire, faire progresser les coopérations inter-métiers entre urbanistes, architectes, géomètres, notaires, constructeurs…

Freins et verrous : Habitudes de recourir à la promotion immobilière, réflexes et habitudes propres à chaque profession, avec des intérêts parfois divergents.

Nouveaux modèles économiques : l’optimisation foncière au service des habitants

Buts : Injecter de l’architecture et de l’urbanisme dans des opérations en filière courte, sans maîtrise foncière ni promotion immobilière, où l’habitant est maître d’ouvrage de son habitat.

Freins et verrous : Rareté du réflexe chez les particuliers de recourir à un architecte pour un projet de construction.

Le logement social en filière courte : un HLM dans mon jardin ?

Buts : Produire et gérer des logements sociaux en diffus dans les jardins des maisons individuelles existantes, par des processus de densification de type BIMBY.

Freins et verrous : Trouver des modèles économiques de production et de gestion pour les opérateurs et bailleurs. Parvenir à une production significative de logements sociaux.

3/ BIMBY, santé et énergie : Rompre avec les politiques sectorielles de « l’habitat » pour construire une politique intégrée de « l’habitant »

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Mobiliser le BIMBY pour financer et faciliter le maintien des personnes âgées à domicile

Buts : Aider les personnes âgées à anticiper et organiser l’adaptation de leur habitat à l’évolution de leurs vies.

Verrous : Difficultés à mobiliser un public de personnes âgées et à les accompagner dans la formulation d’un second projet de logement.

Hybrider les dispositifs OPAH et BIMBY pour organiser la mutation des tissus de maisons individuelles

Buts : Faire converger les politiques de création de logements neufs et de réhabilitation/mutation de l’habitat ancien ; expérimenter un dispositif d’optimisation globale des quartiers d’habitat à l’initiative des propriétaires privés, dans une démarche orchestrée et animée par la collectivité.

Verrous : Comment dispenser un accompagnement technique multi-facettes (architecture, construction, immobilier, patrimoine, urbanisme) ? Comment faire aboutir les dossiers avec des possibilités limitées de financement de l’ingénierie publique nécessaire ?

Généraliser le BIMBY aux copropriétés d’habitat privé

Buts : Valoriser les droits à bâtir résiduels des copropriétés privées (immeubles, grandes maisons divisées en appartements, copropriétés horizontales…) pour financer les charges communes d’entretien, la réhabilitation et la rénovation thermique des bâtiments existants…

Verrous : Quel accompagnement des copropriétaires, quels montages des opérations ?

4/ Patrimoines vivants : Développer une approche architecturale et dynamique de la gestion des patrimoines publics et privés

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Micro-conception des espaces publics et gestion dynamique du patrimoine communal

Buts : Intervenir pour embellir, réaménager et requalifier les espaces publics du quotidien en anticipation, en parallèle ou en accompagnement de la densification des parcelles privées.

Verrous : Concevoir des modalités légères d’intervention sur l’espace public ayant des effets significatifs ; Ne pas subir l’aspect sectoriel de la gestion de la voirie et des espaces publics (assainissement, éclairage, sécurité, mobilités, plantations, etc.)

Vers un modèle économique global du BIMBY et la définition d’une politique foncière 2.0

Buts : Mettre à profit la filière courte du renouvellement urbain pour décupler les moyens disponibles des communes, financer l’évolution des réseaux, des espaces publics, initier un cercle vertueux de la création, de la distribution et de la taxation des valeurs foncières.

Verrous : Le PLU crée des valeurs et plus-values foncières, mais ces dernières ne permettent pas en retour à la collectivité de financer l’évolution du domaine public et des équipements nécessaires.

Concevoir, générer, faire émerger une forme de cohérence architecturale, urbaine et paysagère incrémentale, bottom-up, ascendante

Buts : Organiser une lisibilité, une cohérence et une harmonie des formes urbaines par des transformations successives des tissus d’habitat, à la façon dont les bourgs des villes et villages de France se sont constitués et densifiés progressivement.

Verrous : Penser et concevoir une cohérence des formes urbaines qui ne soit pas dessinée à priori et qui émerge des libertés architecturales données sur chaque parcelle.

5/ Jardins des villes, jardins des champs : Penser la mutation des tissus urbains existants au prisme des modèles du jardin domestique

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Travailler moins pour prendre plus de plaisir : les conditions d’un jardin domestique écologique

Buts : Modéliser le jardin pour en faire un élément de la qualité des projets ; Composer un triangle en équilibre entre :

  • les usages domestiques (le jardin comme intimité, « pièce de vie extérieure », espace de production nourricière, plaisir esthétique, objet de représentations sociales),
  • la contribution au maillage écologique des espaces urbains (le jardin comme relai refuge de biodiversité, contributeur à la gestion des eaux et à la gestion bioclimatique des espace urbains),
  • le coût (autonomie de fonctionnement et d’entretien, gestion des déchets ménagers et du jardin).

Verrous : Répondre à la fois aux besoins des ménages, aux enjeux de l’écologie et à ceux de la bioclimatique urbaine. Dépasser la vision du jardin domestique comme élément de pur agrément pour en faire un élément pérenne et fondateur de la qualité de vie dans les espaces urbains.

Choisir son voisin : intimité, mixité, partage ? Micro-politique du jardin

Buts : Définir des modèles viables d’aménagement et de régulation des espaces extérieurs pour mettre le jardin au service d’une densité bien vécue et d’un « bien vivre ensemble » en milieu urbain.

Verrous : La valeur politique et sociale des espaces domestiques extérieurs est globalement délaissée, au profit de modèles qui limitent au maximum les interactions sociales. Modèle de la cellule domestique close du « chacun chez soi », dont les espaces extérieurs domestiques refusent de jouer le rôle de lien, de négociation et d’interface avec le voisinage.

Quelles contribution de l’architecture et des jardins privés à la beauté l’espace public ?

Buts : Redonner aux espaces extérieurs domestiques une fonction de « frontyard » noble, capable de contribuer à la beauté de l’espace public des secteurs résidentiels ; Concevoir les apports des arbres et végétaux à l’espace public et dans le paysage des rues, à l’amélioration du stationnement, au confort du cheminement piéton ou en modes doux.

Verrous : L’espace domestique tourne le dos à l’espace public, perçu comme « agressif » car source de nuisances visuelles, sonores, olfactives, générant un sentiment d’insécurité… Ceci implique des frontières physiques et psychologiques claires entre les différents types d’espaces.